Pourquoi financer plutôt que payer cash à Dubaï
Financer un achat immobilier à Dubaï depuis la France, la Belgique ou la Suisse reste mal compris : la plupart des investisseurs francophones paient cash, par réflexe. C'est une erreur d'allocation : immobiliser 100 % du capital sur un seul actif revient à renoncer volontairement à l'effet de levier, dans un marché qui offre précisément les conditions pour en tirer parti.
Le rendement brut comme point de départ
Les yields bruts observés sur les marchés liquides de Dubaï, Dubai Marina, Business Bay et Jumeirah Village Circle, se situent entre 5 et 8 % bruts selon les millésimes de transaction et les typologies de biens. L'article Marina vs Palm — l'écart de yield se ferme détaille la mécanique de compression en cours sur les segments premium. Pour un investisseur qui finance à crédit, c'est ce rendement brut qui sert de base de comparaison au coût de la dette.
5–8 %Yield brut observé · Marina / Business Bay / JVC · REIDIN / DLD 2024-2025Le coût du crédit UAE pour non-résidents en 2025
Les banques émiriennes proposent des taux hypothécaires aux non-résidents estimés entre 5,5 % et 7,5 % en 2025, variables selon le profil, le bien et l'établissement. Le spread entre le yield brut et le coût de la dette reste donc étroit, de l'ordre de 0 à 200 points de base avant fiscalité. C'est là qu'intervient la variable déterminante.
La convention fiscale franco-émirienne de 1989 attribue l'imposition des revenus immobiliers aux UAE, où le taux est de 0 %. Le revenu locatif net n'est donc pas reimposé en France au titre des revenus fonciers.
Ce régime fiscal transforme le calcul : un yield brut de 6 % avec un crédit à 6,5 % peut paraître serré sur le papier, mais 0 % d'impôt sur les loyers et 0 % sur les plus-values côté UAE amplifie mécaniquement le rendement net sur fonds propres engagés. Le spread après impôt est structurellement plus favorable à Dubaï qu'il ne le serait sur un actif équivalent à Paris, Bruxelles ou Genève.
Libérer le capital européen pour diversifier
Financer à 50–60 % LTV, le plafond accessible aux non-résidents, c'est conserver 40 à 50 % du prix de l'actif en liquidités. Ce capital peut rester investi en actions, en fonds EUR, ou sur d'autres lots immobiliers en off-plan. La logique n'est pas d'emprunter pour emprunter, mais de ne pas sacrifier la diversification du portefeuille global sur l'autel d'un seul titre immobilier.
Le dirham est arrimé au dollar à 3,6725 AED/USD depuis 1997 : le service de la dette en AED ne subit aucun risque de change AED/USD, ce qui sécurise la modélisation des flux sur toute la durée du crédit.
Pour les investisseurs français, belges et suisses dont les revenus sont en EUR, le seul risque de change résiduel est EUR/USD, un risque que la plupart des patrimoines diversifiés intègrent déjà structurellement. C'est une contrainte connue, gérable, et sans commune mesure avec l'exposition à une devise émergente flottante.
Le crédit hypothécaire UAE pour non-résidents
Contrairement à une idée reçue, les banques émiriennes prêtent bien aux acheteurs européens, sans exiger de résidence aux UAE. Le segment non-résident est couvert par plusieurs établissements majeurs, avec des conditions codifiées par la banque centrale et des processus rodés pour les dossiers étrangers.
La Central Bank of the UAE plafonne le LTV à 75 % pour les résidents, mais les non-résidents se voient généralement limités à 50–60 % de la valeur du bien selon l'établissement et le profil.
En pratique, cinq banques traitent activement les dossiers non-résidents francophones : Mashreq, Emirates NBD, HSBC UAE, Standard Chartered et ADCB. Mashreq et HSBC UAE disposent de desks dédiés aux investisseurs internationaux et acceptent des revenus domiciliés en euros ou en francs suisses. Les délais d'approbation de principe oscillent entre deux et six semaines selon la complétude du dossier.
Les durées de prêt s'échelonnent typiquement de 15 à 25 ans, avec une contrainte d'âge : l'emprunteur ne doit pas dépasser 65 à 70 ans à l'échéance du crédit. Un investisseur de 50 ans peut donc emprunter sur 15 ans maximum dans la plupart des banques.
Sur la structure des taux, le marché UAE fonctionne en deux temps : une période fixe de 3 à 5 ans, puis un taux variable indexé sur l'EIBOR (Emirates Interbank Offered Rate). En 2025, les taux constatés sur les offres non-résidents se situent entre 5,5 % et 7,5 %, selon la durée de la période fixe, le LTV retenu et le profil de revenus. L'arrimage du dirham au dollar depuis 1997 élimine le risque de change AED/USD sur le service de la dette, ce qui simplifie la modélisation pour un investisseur raisonné en dollars ou en euros.
Au coût du crédit s'ajoutent les frais d'acquisition incompressibles : 4 % de frais DLD à la charge de l'acquéreur, auxquels s'ajoutent les frais de dossier bancaire de 0,5 à 1 % du montant emprunté et, le cas échéant, une commission agent de 2 %.
Dossier exigé par les banques UAE
Les banques émiriennes appliquent une liste documentaire standardisée pour les non-résidents. Le dossier comprend systématiquement :
- Pièce d'identité et passeport en cours de validité
- Justificatifs de revenus : trois derniers bulletins de salaire ou, pour les indépendants, deux exercices comptables certifiés
- Relevés bancaires des 3 à 6 derniers mois du compte principal
- Avis d'imposition des deux dernières années (formulaire fiscal du pays de résidence)
- Promesse de vente ou SPA du bien visé, avec le titre de propriété du vendeur
- Rapport d'évaluation commandé par la banque (frais à la charge de l'emprunteur, estimé 500–3 000 AED selon le bien)
Un point souvent sous-estimé : les banques UAE exigent que les justificatifs soient traduits en anglais et, selon l'établissement, apostillés. Prévoir ce délai en amont, en particulier pour les ressortissants suisses dont les documents cantonaux peuvent nécessiter une double légalisation.
Apport, cash-flow et structure d'opération
Pour un non-résident, le ticket d'entrée réel dépasse largement l'apport hypothécaire. Les frais DLD représentent 4 % du prix d'achat, auxquels s'ajoutent les frais d'agence, de dossier bancaire et d'assurance, portant le total des frais annexes à 6–8 % du prix. (Source : Dubai Land Department - Fees Schedule) Sur un bien à 2,5 M AED, cela représente 150 000 à 200 000 AED de coûts transactionnels à immobiliser avant même le premier loyer.
Exemple de montage type à 2,5 M AED
La Banque centrale des UAE plafonnant la LTV à 50–60 % pour les non-résidents, un apport de l'ordre de 40–50 % est requis. (Source : Central Bank of the UAE - Mortgage Loan Regulations) Sur une base de 2,5 M AED, le montage se décompose ainsi :
- Prix du bien : 2 500 000 AED
- Apport (40 %) : 1 000 000 AED
- Prêt UAE (60 %) : 1 500 000 AED
- Frais annexes (≈ 7 %) : ~175 000 AED
- Capital total mobilisé : ~1 175 000 AED (soit environ 290 000 €)
- Mensualité estimée (taux 5,5 %, 20 ans) : 10 000–12 000 AED/mois
Équation locative : est-ce que ça tient ?
Sur un appartement 2 chambres à Dubai Marina ou Business Bay, le loyer annuel brut observé se situe entre 140 000 et 180 000 AED, soit une fourchette mensuelle de 11 700 à 15 000 AED. Rapporté au service de la dette de 11 000 AED/mois, le différentiel brut est positif dès l'année 1 sur les actifs bien positionnés — avant charges de service (estimées à 15 000–25 000 AED/an selon la résidence).
La convention fiscale France-UAE de 1989 attribuant l'imposition des revenus locatifs à l'État de situation du bien, le loyer perçu à Dubaï n'est soumis à aucun impôt UAE. (Source : DGFiP - Convention fiscale France-UAE 1989) Pour l'investisseur français, belge ou suisse, cela signifie que le cash-flow net n'est pas amputé par une ponction fiscale locale, contrairement à un investissement locatif en France où prélèvements sociaux et IR absorbent 30 à 47,2 % des revenus fonciers selon le régime.
L'alternative off-plan : réduire le besoin de liquidité immédiate
Les projets OMNIYAT et BEYOND proposent des échéanciers promoteurs structurés en 60/40 ou 70/30, où 60 à 70 % du prix est appelé pendant la construction et le solde à la livraison. Ce mécanisme présente deux avantages concrets : il étale la sortie de trésorerie sur 24 à 48 mois, et il décale le recours au financement bancaire à la livraison, lorsque l'actif est éligible à une valorisation LTV plus favorable.
Financer depuis la France : crédit français ou crédit UAE
Les banques françaises financent rarement, voire jamais, un actif situé hors Union européenne en direct. La garantie hypothécaire sur un bien à Dubaï n'est pas opposable à un établissement soumis au droit français, ce qui ferme la piste du crédit immobilier classique dès le départ.
Le prêt lombard : une alternative française crédible
L'option qui fonctionne côté France est le prêt lombard, adossé à un portefeuille de titres déposé auprès d'une banque privée ou d'une banque de gestion de patrimoine. Les LTV consenties se situent généralement entre 50 et 60 % de la valeur du portefeuille nanti, avec des conditions de taux observées autour d'Euribor + 1,5 à 2,5 %. Ce mécanisme permet de mobiliser des liquidités sans liquider les positions, mais il introduit un risque de margin call si les marchés actions corrigent — un point de gestion du passif à ne pas sous-estimer.
Le crédit UAE : la cohérence AED/AED
Un prêt hypothécaire souscrit directement auprès d'une banque émirienne présente un avantage structurel souvent négligé : le service de la dette est libellé en AED, comme les loyers perçus. Il n'existe donc aucun risque de change entre les flux entrants et les flux sortants. Le dirham est arrimé au dollar américain à 3,6725 AED/USD depuis 1997, ce qui élimine également le risque AED/EUR à long terme dans la mesure où l'USD reste la devise de référence mondiale. (Source : Central Bank of the UAE)
Pour un investisseur français finançant en euros via un prêt lombard, une dépréciation de l'euro face au dollar (donc face à l'AED) renchérit mécaniquement le remboursement en termes réels — risque absent avec un crédit UAE en AED.
Le traitement fiscal : ce que la convention de 1989 change concrètement
La convention fiscale franco-émirienne du 19 juillet 1989 attribue l'imposition des revenus immobiliers à l'État de situation du bien, soit les UAE, où le taux applicable est de 0 %. (Source : DGFiP - Convention fiscale France-UAE 1989) En France, ces revenus sont neutralisés via le mécanisme du taux effectif : ils sont réintégrés dans le calcul du taux marginal applicable aux autres revenus français, mais ils ne sont pas imposés une seconde fois.
En pratique, cela signifie qu'un résident fiscal français percevant des loyers à Dubaï ne paie aucun impôt sur ces loyers, ni aux UAE ni en France au titre de la flat tax ou de l'IR. La déclaration reste obligatoire : formulaire 2044 pour les revenus fonciers étrangers, et formulaire 3916 pour déclarer tout compte bancaire ouvert aux UAE, conformément à l'article 1649 A du CGI. L'omission du 3916 expose à une amende de 1 500 EUR par compte non déclaré, portée à 10 000 EUR si le compte est domicilié dans un État non coopératif — ce qui n'est pas le cas des UAE.
Spécificités Belgique et Suisse
Les investisseurs belges et suisses bénéficient chacun d'un cadre fiscal distinct, mais les deux profils convergent sur un point décisif : l'achat d'un bien à Dubaï n'est soumis à aucune restriction juridique de leur côté respectif, et la fiscalité locale reste absente côté UAE.
Belgique : une convention fiscale favorable et zéro taxe sur la plus-value
La convention préventive de double imposition Belgique-UAE, signée en 1996, attribue l'imposition des revenus fonciers à l'État de situation du bien. Concrètement, les loyers perçus à Dubaï sont exonérés d'impôt en Belgique, sous réserve de progressivité : ils sont pris en compte pour calculer le taux applicable aux autres revenus belges, mais ne sont pas taxés en tant que tels. Sur les plus-values, la position est encore plus nette, puisque la Belgique n'impose pas les plus-values immobilières privées en dehors du régime de la spéculation à court terme (revente dans les cinq ans post-acquisition, hors résidence principale).
L'acquéreur belge ne supporte aucun droit d'enregistrement belge sur un bien situé aux Émirats : seuls les frais DLD à 4 % du prix d'achat s'appliquent côté UAE. Les frais d'enregistrement DLD s'élèvent à 4 % du prix d'acquisition, charge unique et non récurrente. (Source : Dubai Land Department - Fees Schedule) Il n'existe pas de taxe foncière annuelle, ni de précompte immobilier UAE, ce qui rend le rendement net particulièrement lisible pour un investisseur habitué à la fiscalité immobilière belge.
Suisse : pas de convention, mais des outils bancaires de premier rang
La Suisse n'a pas conclu de convention fiscale avec les UAE portant sur les revenus immobiliers. Un résident fiscal suisse doit donc déclarer les loyers perçus à Dubaï dans son revenu imposable cantonal et fédéral, et inclure la valeur vénale du bien dans sa fortune imposable. La charge fiscale effective varie sensiblement selon le canton de résidence : un investisseur domicilié à Zoug ou à Schwyz supportera une pression nettement inférieure à celui domicilié à Genève ou à Vaud. Une structuration préalable avec un conseiller fiscal cantonal reste donc indispensable.
En revanche, la Lex Koller ne s'applique pas aux acquisitions hors de Suisse : aucune autorisation n'est requise pour acheter un bien aux UAE, quels que soient la nationalité ou le statut de résidence de l'acquéreur suisse. Sur le plan du financement, les banques privées helvétiques, UBS, Pictet ou Lombard Odier notamment, proposent des prêts lombards multi-devises adossés à un portefeuille de titres ou de liquidités : cette solution permet de mobiliser du capital sans liquidation de portefeuille, à des conditions de taux souvent compétitives par rapport au crédit hypothécaire UAE classique, et sans contrainte LTV liée au statut de non-résident.
Pour les deux profils, un investissement à partir de 2 millions AED ouvre par ailleurs l'accès au Golden Visa de 10 ans. Un investissement immobilier d'au moins 2 millions AED donne droit à un Golden Visa renouvelable, sans condition de présence minimale aux UAE. (Source : u.ae - Official Portal of the UAE Government) Pour un investisseur belge ou suisse qui structure son patrimoine en prévision d'une mobilité internationale, ce visa constitue un levier de planification à part entière, détaillé dans notre guide Golden Visa 2026 — le seuil des 2 millions, en pratique.
Structurer la détention : nom propre, SCI, holding ou société RAK/DIFC
Le choix du véhicule de détention est souvent décidé trop tard, après signature, alors qu'il conditionne à la fois la fiscalité de sortie, les possibilités de transmission et l'éligibilité au Golden Visa. Quatre structures couvrent l'essentiel des profils d'investisseurs francophones.
Détention en nom propre
C'est le schéma le plus fréquent pour un premier actif. La mise en place est immédiate, les frais de structure sont nuls, et la convention fiscale France-UAE de 1989 joue pleinement : les revenus locatifs sont imposables aux UAE uniquement, soit un taux effectif de 0 % (Source : DGFiP - Convention fiscale France-UAE 1989). Surtout, la détention directe est la seule structure qui déclenche automatiquement le Golden Visa :
un investissement immobilier ≥ 2 millions AED ouvre droit à un Golden Visa renouvelable 10 ans, sans condition de présence minimale aux UAE (Source : u.ae - Official Portal of the UAE Government).
Pour un investisseur qui vise ce seuil, la détention en nom propre reste le chemin le plus direct. Voir notre guide pratique sur le seuil des 2 M AED et ses modalités.
SCI française
La SCI séduit les familles pour la transmission en nue-propriété, un mécanisme bien rodé en droit français. Appliquée à un actif dubaïote, elle alourdit cependant le dispositif : obligation de déposer une liasse fiscale 2072 en France, risque de requalification en société à prépondérance immobilière étrangère, et complexité accrue lors de la revente (le DLD traite difficilement les cessions de parts de SCI étrangère, qui ne passent pas par le registre foncier local).
La SCI reste pertinente si la logique patrimoniale familiale prime sur le rendement net de charges, mais elle exige un conseil fiscal franco-UAE coordonné dès le départ.
Société RAK ICC ou DIFC Prescribed Company
Pour les investisseurs soucieux de confidentialité ou qui anticipent une transmission multi-juridictions, une société offshore enregistrée à Ras Al Khaimah (RAK ICC) ou une Prescribed Company au DIFC offrent une structure intermédiaire efficace. Le coût de maintenance est estimé entre 3 000 et 8 000 USD/an (constitution, agent enregistré, conformité KYC annuelle), ce qui ne se justifie généralement qu'à partir d'un actif d'une valeur de 1,5–2 M USD minimum.
Holding luxembourgeoise ou belge
Au-delà de 3 à 4 actifs, une holding intermédiaire dans un pays à réseau conventionnel dense (Luxembourg, Belgique) permet de centraliser les flux de dividendes et d'optimiser la fiscalité de consolidation à l'échelle du groupe patrimonial. Ce schéma implique des coûts de structure annuels estimés à 15 000–30 000 EUR (commissaire aux comptes, experts-comptables, frais de siège) et se pilote en lien étroit avec un family office ou un avocat fiscaliste international.
Pour un portefeuille en construction autour d'un ou deux actifs dubaïotes, ce niveau de sophistication est prématuré et érode le rendement net. La priorité reste d'optimiser la structure de financement et de maximiser le yield brut, avant d'empiler les couches juridiques.
Recommandation Level8 : le montage qui maximise le rendement net
Pour un investisseur francophone en 2025, la structure optimale n'est pas la plus simple, mais elle est reproductible. Elle repose sur trois piliers combinés : une dette en AED adossée aux loyers, un apport partiellement recyclé depuis un portefeuille existant, et un actif positionné sur le bon segment de yield.
Pilier 1 — Financer la dette dans la devise des loyers
Le dirham est arrimé au dollar à 3,6725 AED/USD depuis 1997. Emprunter en AED et percevoir ses loyers en AED supprime mécaniquement le risque de change sur le service de la dette. (Source : Central Bank of the UAE - Exchange Rate Policy)
Contracter un crédit hypothécaire UAE en AED — plutôt qu'un prêt en EUR arrangé depuis Paris — aligne les flux entrants et sortants dans la même devise. Le coût d'un crédit hypothécaire UAE pour non-résident se situe, en 2025, autour de 5,5–6,5 % (taux variables observés sur le marché local, à comparer aux taux fixes français). Sur un actif à yield brut de 6–7 %, la marge nette reste positive dès la première année, avant tout avantage fiscal.
Pilier 2 — Construire l'apport sans désinvestir intégralement
L'apport requis pour un non-résident se situe entre 40 et 50 % du prix d'acquisition.
La LTV est plafonnée à 50–60 % pour les non-résidents, ce qui implique un apport propre de 40 à 50 % du prix du bien. (Source : Central Bank of the UAE - Mortgage Loan Regulations)
Mobiliser la totalité de cet apport en liquidités pèse sur le TRI global. La solution observée chez les clients patrimoniaux : financer 50 à 70 % de l'apport via un prêt lombard en EUR ou CHF sur un portefeuille titre existant, dont le coût oscille entre 1,5 et 2,5 % selon l'établissement. L'effet est direct : on conserve l'exposition aux marchés financiers tout en déployant du capital immobilier à Dubaï, avec un coût de portage total nettement inférieur au yield encaissé.
Pilier 3 — Cibler les actifs qui absorbent le coût du crédit
La sélection du sous-marché est déterminante. Les projets OMNIYAT / BEYOND délivrent des yields bruts estimés entre 6 et 7 % sur les segments résidentiel premium de Dubai Marina et de la Palm, ce qui crée un spread suffisant pour couvrir la charge de la dette et dégager un cash-flow net positif.
La convention fiscale de 1989 attribue l'imposition des revenus locatifs à l'État de situation du bien, soit les UAE : taux effectif 0 % sur les revenus et les plus-values immobilières côté émirati. (Source : DGFiP - Convention fiscale France-UAE 1989)
Pour un résident fiscal français soumis à la flat tax ou aux tranches marginales, la différence est structurelle : le même loyer net perçu à Dubaï n'est pas diminué de 30 % de prélèvements fiscaux. C'est sur ce point que l'effet de levier produit un rendement net après impôt que Paris, Bruxelles ou Genève ne peuvent pas répliquer.
La boucle Golden Visa : levier + ticket ≥ 2 M AED
Un investissement immobilier d'au moins 2 millions AED ouvre droit à un Golden Visa de 10 ans, renouvelable, sans condition de présence minimale aux Émirats. (Source : u.ae - Official Portal of the UAE Government)
Le montage financé — apport partiel + crédit UAE — permet d'atteindre ce seuil de 2 M AED sans immobiliser l'intégralité du capital propre. L'investisseur conserve des liquidités disponibles pour d'autres allocations, tout en qualifiant au Golden Visa dès la signature. Les conditions pratiques de structuration sont détaillées dans notre guide Golden Visa 2026 — le seuil des 2 millions, en pratique.
En 2025, Dubaï est la seule grande place immobilière accessible aux investisseurs francophones qui combine simultanément : yields bruts de 6–7 %, fiscalité 0 % sur revenus et plus-values, financement bancaire local jusqu'à 60 % LTV, devise arrimée au dollar, et résidence longue durée adossée à l'investissement. Aucune métropole européenne ne réunit ces quatre variables en même temps. Le montage décrit ici n'est pas une opportunité de niche : c'est la structure rationnelle pour tout investisseur HNW francophone cherchant à maximiser le rendement net ajusté du risque fiscal.
Aller plus loin
Trois lectures complémentaires dans le journal Level8 :
- Golden Visa 2026 — le seuil des 2 millions, en pratique — La réforme Golden Visa de 2024 a fixé le seuil à 2 millions AED (~500 K €) avec un visa renouvelable 10 ans, sans condition de présence. Voici le guide pratique structuration + démarches.
- Marjan Island, l'équation post-Wynn — Wynn Al Marjan Island ouvre en 2027 — premier resort-casino intégré du Moyen-Orient. Que disent Macao, Las Vegas et Atlantic City sur le repricing immobilier post-ouverture ?
- Marina vs Palm — l'écart de yield se ferme — Étude de 240 transactions DLD entre janvier 2025 et février 2026 sur Dubai Marina vs Palm Jumeirah. Le différentiel de yield s'est resserré de 230 points de base à 80.
FAQ
Quel LTV une banque émirienne accorde-t-elle à un acheteur non-résident français ?
La Central Bank of the UAE plafonne le LTV à 75 % pour les résidents ; les non-résidents (France, Belgique, Suisse) se voient généralement limités à 50–60 % selon l'établissement et le profil de revenus. Des banques comme Mashreq ou HSBC UAE acceptent des revenus domiciliés en euros ou en francs suisses pour constituer le dossier.
Comment les loyers perçus à Dubaï sont-ils imposés pour un résident fiscal français ?
La convention fiscale franco-émirienne de 1989 (DGFiP) attribue l'imposition des revenus immobiliers aux UAE, où le taux applicable est de 0 %. Le revenu locatif net n'est donc pas réimposé en France au titre des revenus fonciers, ce qui amplifie mécaniquement le rendement net sur fonds propres par rapport à un actif détenu en France.
Quels frais d'acquisition faut-il provisionner en plus du prix d'achat à Dubaï ?
Les frais incompressibles comprennent 4 % de frais DLD à la charge de l'acquéreur (Dubai Land Department – Fees Schedule), auxquels s'ajoutent 0,5 à 1 % de frais de dossier bancaire sur le montant emprunté et, le cas échéant, une commission agent de 2 %. Ces coûts d'entrée doivent être intégrés dès la modélisation du rendement.
Comment le risque de change EUR/AED affecte-t-il le service d'un crédit hypothécaire UAE ?
Le dirham est arrimé au dollar américain à 3,6725 AED/USD depuis 1997 (Central Bank of the UAE), ce qui élimine tout risque de change AED/USD sur le service de la dette. Pour un investisseur dont les revenus sont en EUR, le seul risque résiduel est EUR/USD, une exposition déjà présente dans la plupart des portefeuilles diversifiés et sans commune mesure avec celle d'une devise émergente flottante.
Quels rendements bruts sont observés sur les marchés liquides de Dubaï en 2024-2025 ?
Les yields bruts constatés sur Dubai Marina, Business Bay et Jumeirah Village Circle se situent entre 5 et 8 % selon la typologie de bien et le millésime de transaction (REIDIN / DLD 2024-2025). Combinés à une fiscalité UAE de 0 % sur les revenus locatifs et les plus-values, ces niveaux de rendement brut se traduisent par un rendement net sur fonds propres structurellement supérieur à celui d'actifs comparables à Paris, Bruxelles ou Genève.
Quelle durée de prêt hypothécaire est accessible à un investisseur non-résident de 50 ans ?
Les banques émiriennes proposent des durées de 15 à 25 ans, sous réserve que l'emprunteur n'ait pas dépassé 65 à 70 ans à l'échéance du crédit selon l'établissement. Un investisseur de 50 ans peut donc emprunter sur 15 ans au maximum dans la majorité des banques traitant les dossiers non-résidents, ce qui doit être anticipé dans le plan de financement.




